Article paru sur le site internet VICE
que nous publions après l’avoir traduit car il révèle les pratiques de sadomasochisme et d’occultisme qui ont cours dans certains cercles païens. Bien sur nous n’affirmons pas que tous les gens se réclamant du paganisme nordique s’adonnent à de telles pratiques, en revanche nous affirmons qu’elles sont extrêmement répandues chez les adeptes hardcores du néo-paganisme, parmi les plus initiés, comme par exemple au sein d’une certaine prétendue extrême-droite « identitaire » (suivez mon regard) … On nous colle volontiers une image d’anti-païens primaires, mais peu importe tant que l’on peut éviter à une minorité de personnes, même infime, de se retrouver mêlée à ces histoires sordides, et si ça nous vaut la haine de la multitude, comme on dit chez nous : amen !

Raven Kaldera est un genre de mec détendu : il vénère les dieux nordiques en se faisant enfoncer un poing au fond du cul par son petit ami puis retourne voir sa femme de 19 ans au coucher du soleil. Son compagnon était autrefois une femme, sa femme un homme et Raven lui-même était autrefois une femme, mais ça n’est là que de la sémantique.

Intersexuel depuis la naissance, Raven fut élevé comme une fille par la décision de médecins qui s’imaginaient qu’en lui expliquant qu’il était une fille un nombre suffisant de fois, il finirait par le croire. Mais en fait c’était des conneries, et au bout de 20 ans et quelques, Raven se créérait sa propre identité à sa manière.

Le rôle dans lequel vous pourriez avoir découvert Raven peut dépendre du milieu que vous fréquentez. Vous pourriez le connaitre en tant qu’un des principaux porte-parole du paganisme et du SM, ou comme une autorité prolixe en matière de relations polyamoureuses. C’est également un auteur à succès de la littérature pornographique transexuelle ainsi qu’un essayiste à propos de sujets tels que le vampirisme ou le shamanisme. Ou il peut vous servir d’expert en abus sexuel.

Quoi qu’il en soit, si vous avez une vie sexuelle trépidante, vous devriez le connaitre sous l’appelation de « Maître du Supplice ». En tant que tel, Raven est l’organisateur d’évènements destinés à humilier des disciples serviles, pour leur apprendre à connaitre les limites de leur force et leur endurance. Pour les tester en réalisant leurs fantasmes de viol et de torture.

Après, si vous vivez près de chez lui, vous pouvez aussi bien le connaître comme un joyeux fermier du Massachusset rural.

J’ai donc décidé de l’appeler pour voir ce que donnait son commerce du Supplice.

VICE : Le polyamour semble devenir plus populaire que jamais, comment l’expliquez-vous ?

Raven : Et bien, en partie grâce à la révolution sexuelle et à cause de l’isolement produit par la famille mono-nucléaire, mais cela a toujours été populaire au sein de la communauté homosexuelle. Les transexuels sont souvent rejetés par leurs familles, ce qui est dur à vivre, donc d’une certaine manière nous nous servons du polyamour de sorte à nous créer une petite tribu qui ne nous rejettera pas. D’autre part, je suis attiré par toutes sortes de personnes et je ne me sens pas capable d’être monogame. Il y a trop de sexe fantastique à faire pour ça.

Qu’est ce qui diffèrencie le polyamour du sexe libre ?

La différence consiste dans le fait d’être honnête avec chacun de ses partenaires. Si j’avais un partenaire principal et un million de coups d’un soir, mon partenaire considèrerait toujours cela comme du polyamour puisque qu’il serait au courant et aurait le droit de les rencontrer. Ils pourraient même devenir amis.

Si j’essayais ça, je trouverais cela vraiment embarrassant. Tu es surtout très célèbre en tant qu’une des autorités les plus proéminentes en matière de SM et de paganisme, comment cela t’est-il venu ?

Quand j’ai commencé le SM, personne ne parlait de l’aspect spirituel, alors je m’y suis mis. A travers le monde, les peuples indigènes primitifs se servent de la douleur et de l’endurance comme de rituels spirituels. La Danse du Soleil de Lakota, les Indiens qui se suspendent avec des crochets rentrés dans leur chair … C’est partout. Et, vu qu’ils en parlent dans National Geographic, ça passe mieux. Après, je ne dis pas qu’il est indispensable d’aborder l’aspect spirituel du SM. Tu peux juste pratiquer du sexe hard et t’éclater – sois bénis ! Mais je me suis rendu compte que cela te faisait te sentir très puissant.

De quelle manière ? J’ai lu qu’une de tes méthodes se basait sur le fist-fucking anal.

Oui. Je considère cela comme un outil, en tant que Shaman. Il faut maitriser toutes sortes d’outils nous permettant d’atteindre des états altérés afin de réaliser ces expériences. Le sexe est clairement l’un de ces outils, en ce qui me concerne. J’ai commencé le fist-fucking pour m’amuser, je trouvais ça cool ! Quand mon petit ami me l’a fait, je suis entré dans un état altéré. Je me suis senti ouvert à l’univers, comme si j’avais abandonné mon égo, tout n’était que pure conscience. C’est comme avoir un canal au long de la colonne vertébrale, en ouvrant une extrémité, on ouvre aussi l’autre. C’est absolument éblouissant.

Je ne peux pas prétendre connaitre cette sensation. Tu es très franc lorsqu’il s’agit de parler de sexe et j’ai vu que tu te décris parfois comme « un putain de dégénéré ». Tu penses que tout le monde fait face à des fantasmes aussi dérangeants ?

Beaucoup fantasment sur le meurtre, ou sur se faire tuer pendant l’acte, sur le viol ou le fait de se faire violer, ou bien torturer, physiquement ou mentalement, quelqu’un pendant le sexe. C’est très répandu. Et on peut parfois aider les gens à réaliser leurs fantasmes. Peut-être pas jusqu’au bout non plus, mais tu peux toujours trouver quelqu’un pour t’aider et simuler ce fantasme. Si tu veux violer quelqu’un, qui connais-tu qui pourrait trouver ça cool ? Qui va pouvoir hurler de manière convaincante quand tu vas faire irruption dans son appartement ? Est-ce que ce scénario te conviendrait ? Si ça n’est pas le cas, garde le pour toi. Certaines personnes ont ces fantasmes et culpabilisent pour cette raison, alors qu’elles ne devraient pas avoir de complexe et prendre le contrôle de ces pulsions, les assouvir mentalement quand elles le désirent.

Tant que ça fonctionne, pas vrai ? Personnellement, j’ai horreur de me sentir humilié, et ça m’arrive tout le temps. Alors j’ai du mal à m’imaginer être excité par ça.

C’est souvent le « soumis » qui prend le plus son pied. A repousser ses limites, endurer la douleur et éprouver sa résistance.

Je suis un Maître des Supplices. Les gens me demandent de mettre en place des supplices et de les exécuter. Souvent ils veulent faire face en revivant quelque chose qui leur est arrivé au cour de leur vie, il peut s’agir d’abus sur mineur ou autre. Ce n’est pas toujours sexuel, comme un rituel scénarisé avec de la vraie douleur en plus, Le sadomasochisme sort alors du cadre purement sexuel, S’ils veulent du sexe vraiment, on leur amène d’autres personnes.

Waouh. Donc tu organises des scénarios complets à vivre pour les gens et pas juste des performances sexuelles ?

Oui, c’est un jeu de rôle. On discute pour savoir qui on va être, qu’est-ce qu’on va leur faire. S’ils seront tabassés, marqués au fer, mutilés, etc.. Est-ce qu’ils veulent en sortir marqués à vie ou qu’on leur laisse juste un souvenir qui disparaîtra avec le temps ?

Quel genre de truc veulent vivre les gens ?

Je dirais que le plus long supplice et dans lequel je me suis le plus impliqué a été pour un mec qui vénérait Odin, le dieu de la sagesse. L’une des façons lui ayant permis d’obtenir cette sagesse a été de sacrifier un de ses yeux, de vivre dans le corps d’une femme pendant un an afin d’apprendre les mystères de la féminité, puis d’être pendu à un arbre durant neuf jours. Le type voulait recréer ça.

C’est vraiment extrême. Qu’est-ce que tu lui as fait ?

Le premier jour on l’a envoyé dormir dans un parc. Le lendemain on l’a arrosé, fait enfiler une jupe puis il a passé la journée, forcé à faire la femme, se prenant des giffles quand il n’apprenait pas assez vite. Dans la soirée, quand il est rentré chez lui, trois types se sont jetés sur lui, l’ont plaqué au sol et … se sont occupé de lui, comme si c’était une femme. Les deux premiers étaient plutôt brutaux mais le troisième était tendre.

Le jour suivant, on lui a scotché un oeil, puis dans la soirée on lui a cousu les lèvres, Le lendemain on a tout enlevé. Puis je l’ai fouetté en entonnant les runes nordiques pendant que je le frappais. Ensuite je lui ai enfoncé des crochets dans la chair et l’ai pendu à un arbre, mais pas pendant 9 jours, juste pour une heure (rires).

Le supplice a duré 4 jours en tout. On est assez nombreux à être des Maîtres du Supplice et à entrainer les gens à administrer ce genre de traitements. On est tous convaincus qu’on aide juste les gens à avoir les expériences qu’ils désirent. On est l’incarnation des ténèbres cachés que les gens doivent traverser.

Doux Jésus. Il a obtenu la sagesse qu’il recherchait, après tout ça ?

On dirait que ça a marché. Il a dit qu’il avait appris énormément de choses. J’arrête pas de l’encourager à écrire là-dessus, mais il est trop timide.

Chris O’ Neil