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Stupeur dans les milieux néo-païens d’extrême-droite : il semblerait que, contrairement à Jésus qui n’était pas une fiotte, Odin, lui, en serait !

Au sein des peuples partageant les mêmes croyance en un panthéon de divinités donné, les récits mythologiques, considérés par leurs adeptes comme ayant réellement eu lieu, représentent des archétypes qui sont autant d’exemples d’attitudes et de psychologie à reproduire. Les dieux incarnent des figures d’excellence et leurs comportements se répercutent par mimétisme à travers la société qui les prend en exemple.

Par conséquent, plus les mythes d’une société traduiront une tolérance à l’égard de certains comportements, homosexuels en l’occurence, plus on les retrouvera dans la pratique courante des membres de cette société.

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En vieux Norois, le terme seiðr renvoie à un genre de sorcellerie pratiquée dans la société nordique au cours de l’âge de fer Scandinave. Connecté à la religion nordique, ses origines demeurent mystérieuses, sa pratique a progressivement disparu suite à la christianisation de la Scandinavie.

Les pratiquants du seiðr étaient des deux sexes, bien qu’on constate que cette pratique était plus répandue chez les femmes, les sorcières. Il existe toutefois des témoignages d’adeptes mâles de cette pratique, appelés seiðmenn, en pratiquant cet art, ils attiraient sur eux un tabou social, appelé ergi, qui leur valait des persécutions.

P1020219.jpgSelon le chercheur Neil Price*, certains aspects du seiðr étaient de nature sexuelle. Se basant sur le fait que les baguettes magiques que portaient les sorcières, appélées völvas, étaient désignées par des termes phalliques dans les sagas islandaises  :  « Völva » viendrait de vǫlr, quenouille.  La völva serait donc une porteuse de quenouille ! Price et de nombreux autres chercheurs ont affirmé que la « baguette » magique de ces sorciers pratiquant le seiðr était une sorte de phallus de bois qu’ils employaient pour leurs rites.

Chez les Nordiques, on prête à Odin, le plus grand des dieux, la pratique du seiðr, selon le récit de la saga des Yngling, au chapitre 7 :

Odin connaissait aussi l’art au sein duquel le plus grand pouvoir se trouve, et qu’il pratiquait lui-même : ce qu’on appelle magie. Par ce moyen, il pouvait prévoir la destinée des hommes, où le lot de ce qui leur restait à accomplir, et aussi attirer la mort, la malchance, ou des problèmes de santé sur les gens, et aussi prendre la force ou l’esprit d’une personne pour la donner à un autre. Mais la pratique d’une telle sorcellerie entrainait une faiblesse et une anxiété telles qu’il n’était pas considéré respectable pour les hommes de la pratiquer et par conséquent les prêtresses se virent enseigner cet art. (source)

Le nom ergi (non-virilité) et son adjectif argr (non-viril) sont deux termes de vieux norois employés pour accuser autrui d’être un effeminé, de manquer de virilité, d’être un homosexuel. Une telle insulte équivalait à une déclaration en duel car celui qui ne lavait pas son honneur dans le sang accréditait l’accusation de celui qui l’insultait et était dès lors mis au ban de la société pour son manque de virilité.

téléchargement (1)Kaldera et son amant, néo-païens pratiquants, libérés de l’aliénation judéo-chrétienne.

Selon l’auteur néo-païen transgenre  sadomasochiste, Raven Kaldera « le Maître des Supplices » adepte du fist-fucking, Odin aurait vécu « dans le corps d’une femme pendant un an afin d’apprendre les mystères de la féminité ». (source)

Odin lui-même se voit en-effet accuser d’ergi (de manque de virilité) et d’être un argr (d’être une pédale) dans le Lokasenna (la Dispute de Loki), le poëme skaldique où le dieu Loki provoque et insulte l’assemblée des dieux dans le hall d’Aegir. Odin et Loki, un autre dieu inverti bien connu pour changer de sexe et se faire prendre par des chevaux, s’accusent mutuellement d’ergi, d’être des argr : quand Odin met en doute la virilité de Loki, il se voit rappeler par ce dernier des pratiques homosexuelles commises par le passé.

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« Odin, sale pédé !!! »

Odin :

Vous pensez ainsi que j’ai donné bénédiction à tort
A ceux ne méritant point la gloire de la bataille !
Mais vous ! Huit hivers vous avez passé sous terre
Trayant les vaches comme une Vierge !
Et vous y avez engendré d’étranges progénitures ;
Peu virile semble t-il était ainsi votre âme !

Loki :

On dit qu’avec des sortilèges, alors dans le pays de Samsey,
Vous avez fait œuvre d’enchantements comme le font les sorcières ;
Et déguisé en une telle sorcière vous êtes allé parmi les Hommes ;
Peu virile semble t-il était ainsi votre âme !

Frigg :

Des actes anciens alors provoqués par vous deux,
Vous ne devriez pas citer parmi les Hommes ;
Quoi que vous ayez fait dans les temps passés
Aucune vieille légende ne devrait le révéler.

Notons au passage qu’Odin ne relève pas l’affront et que c’est Thor qui, à la fin du poème, finit par prendre la défense de son père, sans toutefois nier l’accusation, qui ne dit mot consent !

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C’est donc sans surprise que l’on trouve, chez les auteurs et intellectuels de la droite néo-païenne, un cortège d’apologistes et de défenseurs des diverses pratiques homosexuelles ayant eu cours dans l’ancien temps : des auteurs comme Pierre Gripari, sodomite notoire ou Guillaume Faye qui vantait la « pédérastie à la grecque », c’est à dire lorsqu’un précepteur sodomise son jeune élève en même temps qu’il l’instruit … Alain de Benoist, qui avait pris la défense du pédocriminel Gabriel Matzneff, à l’instar plus tard d’Alain Soral, qui ne voyait qu’une réaction bourgeoise à ce que l’on s’émouvait que l’auteur se soit vanté d’avoir violé des jeunes garçons, tout au long de sa vie, ou bien un certain Renaud Camus qui dans ses écrits a aussi bien narré ses aventures sodomites dans le milieu gay underground avec des noirs que prit la plume pour  défendre les rapports sexuels entre adultes et mineurs. Un néo-nazi comme Michel Caignet éditait la revue homosexuelle Gaie France ou bien traduisait les écrits du séropositif; membre de l’Ordo Templi Orientis, Michaël Kühnen,  avant d’être par la suite condamné pour ses activités paralèlles de mafieux pédo-criminel, à l’instar de son comparse Bernard Alapetite … (source)

Tout ce beau monde, il est vrai, faisant tâche dans le camp censé représenter la Tradition, mais parle t’on de la même « tradition » ? Ces auteurs n’ayant jamais eu de mots assez durs contre la religion chrétienne, appelée « judéo-christianisme » et accusée d’atteindre à la liberté et à la religion des peuples européens, surement celles consistant à avoir des rapports entre hommes au fond des bois, tout comme en son temps le fit Odin, le grand et fier dieu des indo-européens !

*Neil Price, The Viking Way: Religion and War in Late Iron Age Scandinavia. Uppsala: Department of Archaeology and Ancient History, Uppsala University. ISBN 91-506-1626-9.