Vous connaissez certainement le téléfilm « Ça – Il est revenu » (« It » en anglais) tiré du roman du célèbre Stephen King. Le clown tueur aura martyrisé toute une génération d’adolescents, voire d’adultes, avec ce long-métrage qui connut un fort succès dans les années 1990. Afin d’inventer le clown de son roman, Stephen King s’inspira d’un tueur et violeur d’adolescents : John Wayne Gacy Junior, connu pour ses crimes (33 victimes) et qui fut également gérant de plusieurs restaurants KFC que vous connaissez tous. Nous reviendrons ensemble sur cette affreuse affaire puis nous ferons un détour en fin d’article sur Stephen King et ses étranges sources d’inspiration.

John Wayne Gacy Junior, les restaurants KFC et les adolescents

Afin de créer le clown du roman « It » Stephen King s’est inspiré d’un tueur et violeur d’adolescents qui défraya la chronique entre les années 70 et 80. Cette affaire ressemble, sur quelques points, à l’affaire Jimmy Savile. Un homme se servant de sa renommée et faisant le tour des hôpitaux pour visiter des enfants malades (à la différence que Gacy Jr se déguisait en clown et qu’aucun viol d’enfants ne fut rapporté). Un homme se servant de son statut (gérant de trois restaurants KFC ainsi que d’une société PDM Contractors) de patron pour amener chez lui des adolescents afin d’en abuser sexuellement pour finir par les assassiner et les enterrer dans le vide sanitaire sous sa demeure à Chicago.

Plusieurs articles précisent que John Wayne Gacy Junior était le principal suspect dans une affaire de disparition d’adolescents. Ce dernier, manipulateur à souhait, arrivait à s’extraire des griffes des forces de l’ordre qui ne trouvaient aucune piste sérieuse afin d’incriminer celui qui fut le patron de trois restaurants Kentucky Fried Chicken, plus connu sous le nom KFC. Revenons brièvement sur cette affaire.

Note : Je propose ici une version tronquée de la vie de John Wayne Gacy Jr. Vous trouverez en fin d’article un lien qui vous dirigera vers un site qui propose un historique complet et très détaillé de la vie de ce criminel.

Naissance : 17 mars 1942
Décès : 10 mai 1994 (par injection dans une prison de l’Illinois)

Source Wikipédia : «John Wayne Gacy, Jr. est le deuxième des trois enfants de John Stanley Gacy (20 juin 1900 – 25 décembre 1969) et Marion Elaine Robinson (4 mai 1908 – 14 décembre 1989). Ses parents sont des ouvriers issus de familles d’immigrés, d’origine polonaise pour son père, danoise pour sa mère. Enfant, Gacy est en surpoids et souvent malade. Il est proche de ses deux sœurs Joanne et Karen, et de sa mère, mais doit subir les humiliations de son père, homme alcoolique et violent envers sa femme et ses enfants, ce dernier le traitant de « tapette » ou de « pédé » lorsque sa mère veut le défendre.

À l’âge de neuf ans, il est violé par un voisin, ami de la famille mais n’ose pas révéler cet abus sexuel.

Il quitte le lycée à 17 ans et part pour Las Vegas où il devient concierge dans un salon funéraire, y découvrant sa fascination pour les cadavres. Il en est congédié pour acte de nécrophilie. De retour à Chicago, il s’inscrit à l’école de commerce de l’université de North Western et y obtient son diplôme en 1963. Bon vendeur, il gravit les échelons dans différentes entreprises, devenant gérant d’un magasin de vêtements pour hommes. Il épouse en septembre 1964 une collègue, Marlynn Myers, dont le père Fred Myers lui propose de reprendre la franchise d’une chaîne de trois restaurants fast-food Kentucky Fried Chicken, à Waterloo, dans l’Iowa».

Un fait intéressant que Wikipédia ne mentionne pas dans son article est l’appartenance de John Wayne Gacy Jr a un groupe nommé «Jaycees». Une «organisation civique» qui compta dans ses rangs des personnages célèbres comme Larry Bird, Bill Clinton, Gerald Ford, Bill Gates, Al Gore, Richard Nixon ou encore Ronald Reagan. Mais aussi deux serial killer bien connus : John Wayne Gacy Jr et Edmund Kemper.

Gacy connaissait la plupart de ses victimes. Il les choisissait parmi ses employés du restaurant KFC ou dans la société qu’il fonda au début des années 1970, PDM Contractors. Entre 1972 et 1978 John Wayne Gacy Jr viole et assassine 33 adolescents ou jeunes adultes qu’il enterre dans le vide sanitaire du sous-sol de sa maison à Chicago (précisions : 26 cadavres ont été retrouvés enterrés ligotés, un tissu enfoncé dans la bouche, dans le vide sanitaire sous sa demeure à Chicago, trois autres enterrés dans sa propriété et les corps de ses quatre dernières victimes ont été repêchés dans la rivière Des Plaines à proximité de chez luiWikipédia). La plupart des adolescents disparus travaillaient pour Gacy. Ce qui n’échappa pas aux policiers en charge de l’enquête. Même si Gacy fut interrogé à quelques reprises aucune piste sérieuse ne permettait de conclure qu’il était à la base de la disparition de ses ex-employés. De plus, John Wayne Gacy ne faisait que des contrats courte durée pour ses jeunes travailleurs. Il prétextait parfois que ces jeunes hommes ou adolescents se retiraient dans le sud du pays à la fin de leur contrat, ce qui expliquait leur soudaine disparition. En réalité ses victimes gisaient dans le vide sanitaire de sa maison de Chicago. L’odeur de putréfaction incommodait ses voisins mais Gacy se défendait en prétextant des problèmes d’humidité.

Lors d’une audition avec la police pour la disparition d’un de ses ex-employés, un des policiers, Kozenczak, réussit à obtenir un mandat afin de visiter la maison de Gacy. Il y trouve plusieurs choses suspectes sans que cela ne mène à une arrestation et une mise en examen : des films homos, une chevalière avec les initiales J.A.S. (qui appartenait à une de ses victimes, John Szyc), des permis de conduire appartenant à de jeunes hommes, un dérivé du Poppers, un morceau de couverture tâché, des livres homosexuels aux titres pourtant évocateurs (Adolescents Étroits, La Pédérastie : Le Sexe Entre Hommes et Garçons…), des vêtements bien trop courts pour John Wayne Gacy, un pilori, un godemiché en caoutchouc… Les objets furent saisis mais Gacy resta libre. Un fait qui prouve une fois de plus la lenteur des services de police en matière de prise de décision lorsqu’un suspect fait l’objet d’une enquête.

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John Wayne Gacy se savait surveillé par la police. Voulant se montrer courtois et au-dessus de tout soupçon il décidait même d’inviter les policiers au restaurant. Lors de ce fameux dîner il lâcha même cette phrase « Vous savez, les clowns peuvent s’en tirer avec des meurtres« . A bout de nerfs Gacy invita même les policiers à boire le café chez lui. Mais l’agent Schulz, policier d’expérience, reconnut l’odeur de putréfaction et il en fit part au policier Kozenczak qui venait tout juste de trouver enfin des pistes sérieuses qui prouvaient la culpabilité de Gacy. Alors que Gacy fournissait de la marijuana à un pompiste il est pris sur le fait par Kolenczak. John Wayne Gacy est arrêté pour détention de marijuana et de Valium. Gacy est emmené à son domicile par les policiers afin de procéder à une perquisition. Se sachant coincé, il avoue son forfait et indique aux policiers l’emplacement du vide sanitaire de sa maison dans lequel il admet avoir enterré le cadavre d’un jeune homme. La police met finalement la main non pas sur un mais plusieurs cadavres. Par la suite Gacy est jugé et condamné à mort. Il est incarcéré dans une prison de l’Illinois dans laquelle il meurt par injection létale en 1994.

Les étranges inspirations de Stephen King

Pourquoi diable tout ce chapitre sur John Wayne Gacy Jr ? Pour en venir au romancier Stephen King et à ses étranges inspirations. Normal, me direz-vous, pour un auteur qui rédige des histoires d’épouvantes. Le fait est que King règne en maître sur le genre, le site club-stephenking.fr rapporte « Stephen King est un auteur très prolifique : dans l’édition 2013 de la bibliographie exhaustive écrite par Justin Brooks, il a répertorié : 112 LIVRES (romans, recueils, omnibus et longs essais), 327 NOUVELLES (nouvelles, novellas, extraits de romans), et quelques 875 ESSAIS (essais, chroniques, notes diverses)».

Stephen King est un auteur plus que prolifique et il admet être tout le temps en train d’écrire. Ses romans ont inspiré de nombreux réalisateurs qui ont adapté, entre autres, « It», « Carrie», « Shinning» ou encore « Misery».

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Le clown tueur de ce roman, qui se fait appeler Grippe-Sou, prend la forme des peurs les plus profondes de ses victimes. A l’inverse de John Wayne Gacy qui assassinait des adolescents et des jeunes adultes le clown du roman de Stephen King, lui, assassine principalement des enfants et vit dans les égouts (clin d’oeil du romancier au vide sanitaire de Gacy qui lui servait à enterrer ses victimes). C’est ici que nous nous arrêtons. Mettre en scène des enfants dans des histoires horrifiques reste relativement curieux. Surtout que bien des passages de ce livre semblent sortir du cerveau d’un auteur psychologiquement instable. On y trouve des passages dans lesquels des enfants sont démembrés ou un autre dans lequel les sept enfants, les personnages principaux du roman, se mettent à partouzer dans les égouts.

A savoir, Stephen King emprunte (logiquement) beaucoup à l’occultisme et trace souvent un parallèle entre science et occultisme. Les thèmes qu’il aime aborder touchent bien souvent à la médiumnité, aux rêves, à la parapsychologie (télépathie etc) qui renvoient à Jung (très imprégné d’occultisme, sa mère était une occultiste. De plus, Jung était un fanatique du franc-maçon Goethe également membre des Illuminés de Bavière sous le pseudonyme Abaris) et Joseph B. Rhine. Le maître de l’horreur puise donc son inspiration chez des occultistes reconnus afin de rédiger ses romans. Loin de moi l’idée de désigner Stephen King comme étant un sorcier mais il est toujours intéressant de montrer la fine couche qui sépare l’occultisme et l’art avec un grand A. Ce que nous verrons plus en détail avec la publication prochaine de ma conférence sur l’occultisme et l’industrie hollywoodienne.

 


 

Source pour le passage sur John Wayne Gacy : Tueurs en série