19087754Depuis que le cinéma existe de nombreux réalisateurs se sont penchés sur la Bible, les films ne manquent pas et quelques-uns sont même devenus cultes. D’autres se sont attaqués à l’histoire de la sainte Église Catholique et le résultat fut bien souvent à l’opposé de ce que pourrait attendre un catholique d’un film qui narre l’histoire du corps du Christ. La plupart de ces longs-métrages ne montrent pas la grandeur de la Sainte Église Catholique Apostolique et Romaine, bien au contraire, ils s’associent à la propagande révolutionnaire qui raconte que l’Église persécutait le peuple. L’un des films les plus affligeants qui pousse le téléspectateur à prendre la religion catholique en dégoût est «Jeanne d’Arc» du réalisateur français Luc Besson.

Luc Besson et la genèse du film

Luc Besson est connu pour avoir fait succès dans le cinéma avec des films comme «Nikita», «Léon» ou encore le «5e Élément». En 1996 il est producteur pour un film sur la vie de sainte Jeanne d’Arc qui devait être réalisé par Kathryn Bigelow. Mais la réalisatrice et le producteur sont en désaccord sur le choix de l’actrice, lui veut imposer sa compagne du moment Milla Jovovich et elle préfère l’actrice Claire Danes. Besson écarte donc Kathryn Bigelow du projet et décide de réaliser lui-même le film. La production débute en janvier 1998 et le tournage qui se déroule l’été de la même année se fait en Dordogne, à Sées dans l’Orne et en République Tchèque.

Pour Luc Besson Dieu existe bel et bien mais il pense que Ses textes sont mal interprétés. Pour le réalisateur la religion est surtout un vecteur de guerre et nous nous sommes trompés en nous en servant comme prétexte. Besson dit que « Le problème, c’est l’interprétation des textes. C’est au nom de l’interprétation des textes que, à l’aube de l’an 2000, des nations s’envoient encore des bombes à la figure, quand les textes leur enjoignent de s’aimer les uns les autres. Mais, si Dieu existe, il est en moi. S’il existe, il doit me mettre en paix avec moi-même. Alors, Dieu est bon». Cette vision de la religion est très humaniste, elle est arrosée de gnose. En d’autres termes Luc Besson n’est pas catholique. Ce qui nous amène directement au contenu du film car l’histoire de Jeanne d’Arc sans le prisme catholique n’a aucun sens, et le surnaturel dans le film de Besson sur la bergère de Domrémy est relayé au second plan afin de faire passer sainte Jeanne d’Arc pour une déséquilibrée « J’ai essayé, à rebours, d’empoigner le mythe et, je le répète, de le rendre humain. De faire de Jeanne d’Arc une femme belle et vraie » disait Luc Besson en 1999. « J’ai essayé, à rebours, d’empoigner le mythe et, je le répète, de le rendre humain… » le ton est donné.

John Malkovich dans le rôle de Charles VII...
John Malkovich dans le rôle de Charles VII…

Le casting de «Jeanne d’Arc» est bien trop étranger pour en faire un film français : Dustin Hoffman (« la conscience de Jeanne »), John Malkovich (Charles VII), Milla Jovovich (Jeanne)… Faire sauter les frontières afin de réaliser un long-métrage n’est pas un problème pour le réalisateur français, bien au contraire, même si ce film raconte un volet important de l’histoire de France. Pourtant Luc Besson se disait agacer par les américains qui osaient s’accaparer l’histoire de notre pays « Les Américains allaient s’en emparer (du sujet Jeanne d’Arc). Deux projets, l’un pour la télé, l’autre chez Warner (Winona Ryder et Claire Danes étaient pressenties), suivaient leur cours. Cela m’énervait. Quand ils tournent La Liste de Schindler, je réponds: «Allez-y, monsieur Spielberg!» Quand ils nous servent le médiocre Homme au masque de fer [de Randall Wallace], je m’insurge. L’histoire de France nous appartient». Luc Besson est aussi humoriste.

«Jeanne d’Arc» est donc tourné en anglais, d’où la présence d’acteurs français habitués à donner la réplique dans la langue de Shakespeare (Tcheky Karyo ou Vincent Cassel par exemple). Le film sort dans les salles en 1999 et les critiques presses sont positives. Nous verrons ensemble que le long-métrage dépeint un Moyen Âge qui colle à la propagande révolutionnaire véhiculée par les républicains. Pour Luc Besson le Moyen Âge est une période sombre dominée par la peur que suscite l’Église « Ce que j’ai retenu de mes conversations avec Bouzy, c’est ce climat de superstition et de crainte qui s’infiltre sous toutes les portes comme un gaz paralysant. Ce siècle a peur de tout. Un chêne biscornu dans une forêt est forcément l’oeuvre du Malin. Quelqu’un qui dort dessous ou s’y accoude sera impitoyablement persécuté». Le réalisateur est en phase avec la propagande des Lumières qui raconte que l’Église persécutait le peuple. Il existe des conditions afin de réaliser des films sur la période du Moyen Âge et l’une d’elles est d’en faire une époque dans laquelle la barbarie, la famine et les maladies ravageaient le pays. Vision très maçonnique de cette période charnière de notre beau pays. Vision très maçonnique et également très américaine, puisque les pères fondateurs des USA étaient des francs-maçons et que le pays de l’oncle Sam est lui aussi miné par la présence et le règne de la contre-église.

Le film « The Messenger : The Story of Joan of Arc » face à l’Histoire

Le film de Luc Besson commence plutôt bien avec une scène dans laquelle la petite Jeanne se confesse. Mais au bout de quelques minutes Jeanne est en proie à des hallucinations qui font clairement références aux voix de saint Michel-Archange. Il est bon de rappeler que la bergère n’était pas victime d’hallucinations, d’ailleurs le mot victime ne convient pas. Elle a reçu les grâces de pouvoir converser avec les Anges. Tout est dans le vocabulaire et dans la manière d’amener la chose. Luc Besson fait l’impasse sur la formation de sainte Jeanne d’Arc à l’art de la guerre par saint Michel-Archange mais notre bon Ange est heureusement cité dans le film, tout comme sainte Catherine et sainte Marguerite. Ceci étant dit, il faut malgré tout mentionner le fait que ces hallucinations semblent plus délirantes et tordues que d’origines divines dans l’oeuvre du réalisateur français. Luc Besson, en nous présentant une Jeanne qu’il tente de faire passer pour folle, installe un climat oppressant dès les premières minutes. Les «voix claires» que sainte Jeanne entendait dans l’histoire officielle n’en sont plus, dans le film elles font place aux délires hallucinatoires.

Après nous avoir présenté une Jeanne joyeuse et équilibrée dans les premières secondes du film, la petite Jeanne de Luc Besson apparaît ensuite comme une enfant déséquilibrée. Elle est présentée de la même manière qu’est présenté le Moyen Âge, traitée sous l’angle révolutionnaire si cher à la philosophie des Lumières. Jeanne est une hystérique habitée par la simple envie de manger le corps du Christ et de boire son sang afin d’entrer en communion avec lui. Lors d’une scène la jeune bergère demande à son oncle et sa tante de l’emmener voir un prêtre car elle doit se confesser et communier. Après leur visite à l’église Jeanne s’échappe de la charrette sur le chemin du retour afin de retourner à la maison de Dieu pour y communier seule. Une fois arrivée à l’église, Jeanne s’approche de l’autel et, chose interdite, elle s’empare du calice afin d’y verser le vin puis elle fait mine de le consacrer comme le ferait un prêtre. Elle boit ensuite le contenu du calice de manière grossière. La scène tient plus du film d’horreur que du film catholique. Les Sacrements sont voulus par Jeanne de manière obsessionnelle. Après plusieurs minutes il n’y a aucune passion qui transpire du film de Luc Besson. Du prêtre jusqu’au personnage de Jeanne, tout le monde paraît fou.

La scène en question imagée

La Jeanne hystérique continue son bonhomme de chemin jusqu’à ses 17 ans et son départ pour Chinon afin d’y rencontrer Charles VII, conformément aux ordres des voix avec qui elle converse. Ce dernier eut ouï qu’une bergère de 19 ans qui se dit envoyée de Dieu cherche à le rencontrer par tous les moyens afin de le faire monter sur le trône à la demande de Notre Seigneur Jésus-Christ et qu’ensemble ils chasseront les anglais hors de France. La fameuse scène dans laquelle la cour décide de cacher Charles VII parmi la foule afin de vérifier si Jeanne est bien envoyée de Dieu est présente dans le film. Hélas, l’actrice Milla Jovovich campe une Jeanne d’Arc qui semble tout droit sortie d’un asile psychiatrique. Cette scène et les suivantes ne vont que renforcer la vision d’une Jeanne psychologiquement instable voulue par Luc Besson. Quant au test dont il était question, le but était était simple, si Jeanne trouvait le Dauphin alors qu’il était dissimulé parmi la foule, alors elle était bien l’envoyée de Dieu.

Vincent Cassel incarne Gilles de Rais. Suite à la mort de Jeanne ce dernier perdit la foi. Il sombra dans les pratiques occultes et le sacrifice d'enfants.
Vincent Cassel incarne Gilles de Rais. Suite à la mort de Jeanne ce dernier perdit la foi. Gilles de Rais mena une vie de débauche. Il sombra dans les pratiques occultes et le sacrifice d’enfants.

Jeanne crie, Jeanne hurle, Jeanne est fébrile et paraît de plus en plus déséquilibrée au fur et à mesure que les minutes s’écoulent. Mais comme le veut l’histoire, car c’est indémontable, Jeanne gagne. En dépit de la folie qui entoure le personnage dans le traitement apporté par Luc Besson, le réalisateur ne peut empêcher la vérité de subsister grâce à ces grandes batailles remportées par la bergère de Domrémy. Il fallait donc salir tout le reste, et quelle réussite à ce niveau. Les catholiques passent une nouvelle fois pour des fous. Le Dauphin est tellement à la rue que, foutu pour foutu, il accepte l’aide de Jeanne. La mission de Dieu ne semble portée que par la bergère de 19 ans, mais sa foi est traitée de manière obsessionnelle et maladive, il n’y a aucune passion. Que reste-t-il de ce film dont le titre américain est «The Messenger : The Story of Joan of Arc» ? Pas grand chose. Le film n’appuie même pas le fait que le couronnement de Charles VII à Reims est un miracle. Le film fait aussi l’impasse sur le fait que ce que Jeanne prédisait s’est avéré par la suite être vrai puisque les anglais ont commencé à déserter la France en 1438. Fait important, Luc Besson oublie également la triple donation. Première donation : Charles donne le royaume à Jeanne (lorsque Charles VII donna le royaume à Jeanne cette dernière déclarait «cela ne suffit pas», elle fit donc rédiger un acte notarié). Deuxième donation : Jeanne donne le royaume à Dieu. Troisième donation : Dieu donne le royaume à Charles. Jeanne fut reine de France. Ce moment crucial n’est même pas évoqué dans ce film de 2h30, ce qui prouve bien que le réalisateur n’a absolument pas respecté l’histoire de la bergère.

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« Tu ne tueras point » ou comment détourner un commandement avec la religion des bisounours humanistes

Luc Besson déclarait que « chaque religion est respectable » nous pouvons donc rétorquer qu’il n’a pas respecté la religion catholique, «Jeanne d’Arc» est un blasphème. Luc Besson est un adepte de la théorie de l’amour universel. Aucune barrière, aucune frontière, toutes les religions sont respectables et doivent prôner la paix et cette guerre de 100 ans traitée dans le film illustre que la religion peut parfois se tromper. C’est pour cette raison que le film se plante une nouvelle fois. Le réalisateur se sert de cette excuse afin d’expliquer que Jeanne avait bien des remords à tuer les anglais et qu’elle se trouvait en contradiction totale avec l’un des commandements de l’Église : tu ne tueras point. Sauf que ces commandements sont bien plus à prendre dans une démarche personnelle que collective. Dieu n’a jamais demandé à un peuple de se laisser envahir et de se laisser massacrer. Un roi sera jugé plus sévèrement qu’un individu quelconque car le roi doit veiller sur son peuple (messieurs les présidents et les ministres, préparez-vous). Charles VII avait donc pour mission de défendre son peuple face à l’invasion anglaise et celle des traîtres Bourguignons. Mais pour ce faire, il fallait que le Dauphin soit couronné à Reims selon les plans de Dieu. Charles VII était le seul prétendant légitime au trône de France et il devait être un roi libérateur guidé par la bergère et par Dieu Lui-même.

En vérité, si Jeanne a exprimé des remords quant aux nombreux anglais décédés c’est parce qu’elle les avait sommé de quitter la France plusieurs fois et qu’elle avait parfaitement conscience que l’âme de ces défunts iraient en enfer. Cela n’avait rien à voir avec le 6e commandement. Jeanne était une bonne catholique, elle ne fut pas canonisée pour amuser la galerie. Par conséquent elle connaissait la nécessité d’être en état de grâce et ces soldats anglais étaient très certainement en état de péché mortel. C’est pour cette raison que Jeanne demandait aux soldats de Charles VII de se confesser. Dieu ne voulait pas d’une armée qui suintait le péché. Les batailles passent et arrive enfin le sacre du roi Charles VII.

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Milla Jovovich

Suite au couronnement de Charles VII, Jeanne est laissée à l’écart du royaume et se fait capturer par les Bourguignons à Compiègne. Les anglais versent une forte somme afin de l’acheter pour pouvoir la juger. Le procès est expéditif alors que cet événement mériterait un film entier tant il regorge de détails qui prouvent que Jeanne ne faiblissait pas, même face à l’oppression des juges. Pourtant la scène du procès présente une Jeanne d’Arc en plein doute concernant la mission divine qui lui a été confiée. En vérité ce procès fut plus politique que religieux. Les anglais cherchaient à accuser sainte Jeanne d’Arc d’hérésies afin de discréditer Charles VII maintenant roi de France.

Le film se termine avec une Jeanne qui accepte l’idée qu’elle s’est inventée toute cette histoire de mission divine. Comme le veut le récit officiel, elle finit brûler vive sur un bûcher. Les dernières minutes présentent une Jeanne d’Arc démente. Hors, Jeanne d’Arc n’a jamais été présentée comme déséquilibrée dans les différents livres d’histoire sérieux. Cette caractéristique ne ressort d’ailleurs pas non plus du procès.

Luc Besson a réalisé un film en sachant pertinemment qu’il gagnerait un public grâce à son casting très « bankable » et l’histoire populaire de notre sainte Jeanne d’Arc. Le réalisateur français a livré un film blasphématoire dans lequel Jeanne est présentée comme une personne psychologiquement instable toujours au bord de la crise de nerf. Milla Jovovich semble avoir été dirigée pour jouer un personnage psychotique, schizophrène. Pas de triple donation, ni de Jeanne qui annonce qu’elle sera blessée. Encore moins de scène durant laquelle la bergère s’adresse aux gens de Compiègne avant sa captivité en leur demandant de prier pour elle car bientôt sa mission prendra fin. Pas de Jeanne qui sauve et réunit la France. Luc Besson qui ne voulait pas laisser les américains s’emparer du projet car « l’histoire de France nous appartient » a livré une version républicaine de sainte Jeanne d’Arc qui ne colle en rien avec l’histoire de notre pays. L’histoire de Jeanne d’Arc c’est l’histoire de la France fille aînée de l’Église Catholique qui renaît de ses cendres par la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ. Comme le disait la prophétie « la France a été perdue par une femme, elle sera sauvée par une vierge« . Rien de tout ceci ne transparaît dans le film de Luc Besson. Que la bergère de Domrémy prie pour lui.

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Source : Les citations de Luc Besson viennent du site L’Express, http://www.lexpress.fr/culture/cinema/luc-besson-jeanne-d-arc-est-une-fille-ordinaire-plongee-dans-l-extraordinaire_635490.html

 


 

Des ouvrages à conseiller sur sainte Jeanne d’Arc

Jeanne d’Arc, Sur les Autels et la Régénération de la France, du père J-B Ayroles, aux éditions Saint Rémi

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La libératrice du quinzième siècle est le soleil de notre histoire. Venue à la fin du premier millénaire de notre existence nationale, elle nous montre comme dans un beau couchant le soleil de Justice, illuminant les plus beaux versants des dix siècles qui avaient précédé ; elle nous explique les ombres et la nuit qui se sont épaissies sur la France politique des siècles postérieurs ; elle nous dit d’où vient le chaos au milieu duquel nous nous débattons en attendant la mort.
Nous ne voulons pas des lumières et des ardeurs du surnaturel. Le surnaturel est cependant l’unique remède à nos maux ; nous ne guérirons, nous ne nous relèverons qu’en lui demandant la solution de tous les problèmes de l’ordre social, moral et politique.


La Mission Posthume de Sainte Jeanne d’Arc et le Règne Social de Notre Seigneur Jésus-Christ, par Mgr Delassus aux éditions Saint Rémi

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Le règne social du Christ Roi de France à travers l’Histoire depuis les origines jusqu’à Jeanne d’Arc. Son rôle providentiel et sa mission future pour le rétablissement du règne de Jésus-Christ par la France. Indispensable pour bien connaître l’histoire de France.